Tant qu'il y aura la nature ...

Christophe Salin

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La lutte biologique ... une stratégie pleine d'avenir !

 

La politique environnementale européenne commune préconise la réduction de l’utilisation des molécules chimiques phytosanitaires dans l’agriculture pour une meilleure qualité alimentaire des produits et pour réduire les impacts nocifs sur l’environnement. Deux directives ont été votées dans ce sens par le parlement européen en janvier 2009. Ces textes devraient entrer en vigueur en 2011.

Les lutte intégrées et biologiques contre les insectes phytophages des cultures  représentent donc une alternative aux traitements pesticides et revêtent donc une importance majeure pour les producteurs.

Le concept de « lutte intégrée » repose sur l’utilisation limitée et contrôlée de pesticides (diminution de l’emploi inutile et systématique de pesticides) tout en favorisant la faune utile existante … le but étant de maintenir les populations de phytophages en deçà du « seuil économique de nuisance ».

La lutte biologique quant à elle repose exclusivement sur l’utilisation d’organismes vivants (appelés agents biologiques de contrôle) pour protéger les plantes des phytophages. La lutte biologique repose donc sur des interactions naturelles comme les relations prédateurs-proies et les relations hôtes-parasites.

Je tiens à souligner dès à présent que les phytophages sont souvent considérés comme des organismes « ravageurs » … cette notion doit être utilisée avec précaution et est strictement liée au regard de l’Homme sur la nature et à la notion de rentabilité économique maximale des productions. Pourtant, toute espèce a son utilité dans un écosystème et la complexité des chaînes trophiques (relations naturelles entre espèces) permet d’assurer une autorégulation des populations. Un exemple typique est celui des papillons qui sont phytophages à l'état larvaire (chenille) mais dont les adultes sont des espèces clés pour la polinisation des plantes.

Parmi les insectes phytophages, les pucerons représentent un des principaux problèmes entomologiques. Ces insectes affectent le développement des plantes en prélevant leur sève et  en déposant une importante quantité de miellat (substance collante secrétée par le puceron) et d’exuvies (mues des pucerons) réduisant alors la qualité des fruits. De plus certains pucerons peuvent véhiculer et transmettre des virus lorsqu’ils se nourrissent de la sève.

 

 

Les relations hôtes-parasites : les micro-guêpes parasites

Les micro-Hyménoptères parasitoïdes (dont la taille ne dépasse pas 5 mm) se nourrissent de des tissus de leur hôte qu’ils vont finir par tuer à l’issue de leur développement. La femelle parasitoïde dépose un seul œuf à l’intérieur d’une larve de puceron en perforant la cuticule du puceron à l’aide de son ovipositeur. La larve va ensuite se nourrir aux dépends des tissus du puceron mais en consommant en premier les organes non vitaux comme les corps gras et les organes reproducteurs. Ainsi la larve de guêpe se développe tout en maintenant vivant son hôte. Au terme de son développement, lorsqu’elle n’a plus besoin de se nourrir, le puceron meurt. La larve tisse alors un cocoon à l’intérieur de la cuticule du puceron vidée de son contenu formant ainsi une momie. Quelques jours plus tard une fois la métamorphose réalisée, un nouvel Hyménoptère adulte émerge de la momie.

 

 

Les relations prédateurs-proies

La faune prédatrice est très diversifiée mais cependant trois groupes d’insectes agissent principalement contre les pucerons. Les Coccinelles sont bien entendus les prédateurs les plus connus du grand public. Les adultes mais surtout les larves sont de véritables carnassiers qui se nourrissent continuellement de pucerons pour assurer leur survie et leur développement.

Deux autres groupes moins connus sont également d’excellents agents biologiques de contrôle. Ces sont les chrysopes et les syrphes.  Ces espèces ont même un double rôle et une importance majeure pour les plantes. En effet les adultes se nourrissent de pollen assurant ainsi l’indispensable polonisation des plantes alors que les larves sont quant à elles prédatrices de pucerons.

 

 

La lutte biologique en grandes cultures

Depuis quelques années, des programmes de recherches sont menés pour mettre au point des techniques de lutte biologique à grande échelle dans les cultures. Le procédé repose sur des lâchers de plusieurs milliers d’individus d’Hyménoptères parasitoïdes et/ou de prédateurs pour lutter contre les pucerons. Le but est ici de renforcer les populations présentes naturellement sur le terrain et en aucun cas relâcher des espèces exotiques qui deviennent alors des espèces invasives (ex. la coccinelle asiatique). Cette lutte biologique est avant tout préventive et les lâchers doivent intervenir tôt au printemps où les populations de phytophages commencent juste à se développer.

 

La lutte biologique dans les jardins

Le particulier peut également intervenir à l’échelle de son jardin pour faciliter le contrôle biologique des espèces qui pourraient engendrer des nuisances au lieu de réaliser des traitements chimiques destructeurs et pollueurs. Il s’agit ici principalement de maintenir une biodiversité dans son jardin en acceptant et en facilitant la présence d’espèces prédatrices comme des vertébrés (hérisson; crapaud ; reptiles notamment les orvets, couleuvres et lézard ; les oiseaux) qui vont consommer des mollusques (limaces et escargots), des chenilles, des pucerons etc. ... mais également des espèces invertébrés comme les araignées.

 

 

Le contrôle biologique dans un jardin peut également être accru par des aménagements faciles à mettre en place. Par exemple, la présence de fleurs au sein du jardin va attirer certains insectes prédateurs (coccinelle et mante religieuse par exemple) mais surtout des insectes polinisateurs (chrysopes et syrphes adultes par exemple) qui vont ensuite pondre sur les plantes à proximité de colonies de pucerons.

   
 
 
       
   
   
   
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