Tant qu'il y aura la nature ... Christophe Salin |
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Chronique Naturaliste En compagnie des grèbes à cou noirs
Fin Juillet ...5h00 La nuit est encore bien présente lorsque j'arrive en compagnie d'un ami à proximité des étangs. Le temps d'installer rapidement nos affûts flottants pour nous mettre à l'eau avant les premières lueurs du jour. Puis nous entamons notre lente progression le long de la berge pour atteindre le cœur de l’étang. 6h00 … L’étang se réveille progressivement dans une légère brume feutrée accompagnée des cris des grèbes castagneux, de foulques et de mouettes … des limicoles accompagnés d’une aigrette survolent l’étang … Quatre jeunes grèbes à cou noirs déjà bien émancipés partent en balade et passent à proximité de mon affût flottant. Malgré la faible lumière, je tente quelques images pour immortaliser cette ambiance feutrée... 6h30 … Je continue ma progression pas à pas pour finalement arriver sur une première grande zone en pleine effervescence. Le spectacle est aussi bien visuel que sonore. Je décide alors de faire une première halte matinale. Face au soleil levant, dans une ambiance féérique, les premiers rayons de soleil viennent scintiller à la surface de l’eau … L’ambiance est chaude jaune orangée avec une légère brume qui se lève progressivement … le spectacle est grandiose et d’un dépaysement total … ces instants sont souvent éphémères mais de toutes beautés … Des mouettes et un couple de grèbes à cou noirs traversent ce rideau de lumière … J’essaie de retranscrire au mieux ces instants magiques... 7h00 … Ces quelques minutes merveilleuses passées … il est temps de poursuivre mon exploration de l’étang vers une petite famille que j’ai repéré non loin de là à quelques dizaines de mètres. Les jeunes grèbes à cou noirs ne cessent de quémander de la nourriture auprès des parents qui s’activent à plonger pour capturer des proies et ensuite venir les déposer une à une dans le bec des jeunes. L’activité est intense et les adultes sont littéralement harcelés par les jeunes. Les adultes profitent des quelques instants de répits pour se toiletter et entretenir leur plumage...
8h00 … Au détour d’une avancée de terre, j’arrive sur une nouvelle grande zone où cette année, la plupart des couples de grèbes à cou noirs avaient établis leur nid. Après quelques minutes d’observation, je repère un couple très actif qui transporte de la végétation pour fabriquer une plate forme. Je m’approche de quelques mètres avant de m’immobiliser totalement pour observer ce manège. Ce comportement est rare pour la saison car normalement, fin juillet, les adultes s’activent plutôt à nourrir les jeunes pour ensuite repartir dès le début du mois d’août. Les jeunes resteront quelques jours ou semaines supplémentaires pour finir leur croissance et emmagasiner suffisamment de réserves pour leur première migration. La femelle décide alors de monter sur la plate forme pour adopter une position très caractéristique … le corps redressé sur les pattes et le cou recourbé vers le bas … puis elle s’allonge complètement sur le ventre la tête bien tendue vers l’avant. Le mâle se rapproche, réalise un rituel de toilettage puis vient se placer juste derrière la femelle. Puis il bondit sur le dos de la femelle pour s’accoupler cloaque contre cloaque. L’accouplement dure quelques secondes et le mâle se laisse ensuite glisser sur l’eau en avant de la femelle. Il s’en suit un rituel de danse où les deux protagonistes sont totalement dressés au dessus de l’eau, le cou tendu. Pendant près d’une heure, le couple va répéter 6 fois ce rituel amoureux... Ce comportement atypique pour la saison a créé une effervescence soudaine. Un second mâle, probablement intéressé par la femelle réceptive, tente une approche. Après une phase d’intimidation où les trois individus se sont retrouvés face à face cou tendus à crier, la confrontation semblait inévitable. Les deux mâles se redressent hors de l’eau, poitrail contre poitrail. La violence de cette altercation soudaine s'accompagne de belles gerbes d’eau. Le combat s’est répété deux fois avant que l’intrus ne prenne la fuite pourchassé par le mâle... 9h00 … le soleil est désormais haut et la lumière commence à être dure … la zone retrouvant un calme probablement provisoire, je reprends mon chemin et retourne tranquillement vers la queue de l’étang par où j’étais arrivé au petit matin...
L’affût flottant est une technique photographique qui procure toujours un grand plaisir. Il permet de se retrouver au cœur d’un étang, de partager l’intimité des oiseaux sans que ceux-ci n’associe cette masse flottante pourtant intruse à un danger systématique. Cette matinée et rencontre avec les grèbes à cou noirs restera un grand souvenir naturaliste et photographique … et la nature a été extrêmement généreuse avec moi en ce jour de fin juillet !
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